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Un entretien avec notre nouvel ancien maire, Paul Battesti

Paul Battesti, en fin d’après-midi, au début du mois de septembre, en cet été qui ne finissait pas, nous a accordé un entretien, pour évoquer brièvement, à la fin de son mandat de maire, les 43 années passées à la mairie de Nocario, marquant de son visage de berger corse et de sa voix calme et retenue tous les événements de nos hameaux, agrémentant les conversations de savoureuses anecdotes puisées dans la vérité des rapports humains. Nous transcrivons les paroles enregistrées directement pendant ce dialogue, assis sur une muraillette, dominés par la silhouette du San Pedrone derrière laquelle disparaissait peu à peu le soleil.

Monsieur le maire émérite de Nocario, vous avez terminé votre mandat cette année. Pendant combien de temps avez-vous été maire ?

43 ans ! Depuis 1983 jusqu’à 2026. C’est une performance, quand même.

Vous n’avez jamais été contesté dans votre élection. 
Vous n’avez même jamais eu de concurrent, je crois. C’est la preuve qu’on considérait que vous étiez à votre place.

Que je faisais mon travail correctement. 

Vous gardez donc globalement un bon souvenir de toutes ces années, malgré les difficultés inhérentes à la fonction de maire ?

Oui, on a un bon souvenir en général, bien que lorsqu’on regarde depuis le début, il y a eu de plus en plus de contraintes.

D’où venaient-elles ces contraintes ?

De l’Etat, des préfectures, il y a eu beaucoup plus de complications. Il fallait toujours s’adapter, il y avait des lois nouvelles, il y avait des contraintes. 
Oui, qui pèsent. Apparemment, tous les maires de France s’en plaignent d’ailleurs.

Vous avez une petite commune, peut-être pas la plus petite commune, mais c’est une petite commune. Considérez-vous que cette taille de commune est adéquate ?

Alors, c’est une petite commune, mais je me compare par exemple à Bastia. Le maire de Bastia, il s’occupe en général, et puis il a un délégué pour le cimetière, un délégué pour le stationnement, un délégué pour le sport. 
Et nous, dans la petite commune, c’est le maire qui gère toutes les activités municipales. Il s’occupe des églises, il s’occupe de l’eau, il s’occupe du cimetière, il s’occupe des places publiques, de la circulation. C’est lui qui est obligé de tout gérer. 
C’est peut-être plus difficile d’être maire d’une petite commune que d’une grande. Mais oui, parce que vous êtes sollicité pour même des choses qui généralement sont traitées par des services que vous n’avez pas ici.

Et vous devez savoir à peu près tout faire ?

N’exagérons pas, je ne peux pas dire que je savais tout, mais j’étais obligé de me renseigner auprès de la préfecture souvent et de la sous-préfecture aussi. Et surtout de mes collègues et des secrétaires de mairie qui sont très importants dans les petites communes.

Et vous avez une secrétaire de mairie qui vient une fois par semaine ?

Deux fois. Elle vient le mardi matin et le jeudi après-midi.

Dans toute votre carrière de maire, si on peut dire, ces sept mandats que vous avez tenus pendant 43 ans. Est-ce que vous avez le souvenir de quelque chose qui a été pour vous extrêmement difficile ?

Ce qui est difficile, c’est que lorsqu’on décide quelque chose, ça ne sera pas effectif avant cinq ans ou six ans. 
Le temps qu’on ait les subventions, le temps que tous les organismes se mettent en place. Dans ce hameau, on a enterré les lignes. Les lignes électriques, les lignes de téléphone. 
Entre la délibération que nous avons prise à la mairie et la venue de l’entreprise chargée des travaux, il s’est écoulé huit ans. Alors il est évident que pour les gens, si on parle d’enterrer les lignes, ce doit être fait le lendemain. Et donc on pense que c’est le maire qui ne fait pas ce qu’il faut. 
Il a fallu mettre en place le syndicat d’électrification, le téléphone, l’EDF, tout un tas d’organismes. Lorsqu’un était d’accord, l’autre était en retard, les subventions aussi. Avant, il y avait trois organismes qui délivraient des subventions. 
Le Conseil Général, le Président du Conseil Général et la Collectivité. Maintenant, il n’y en a plus qu’un, c’est peut-être plus facile, mais on est plus loin, on n’a plus de représentants locaux.

Quand vous avez commencé votre premier mandat, est-ce qu’il y avait encore une école à Nocario ?

Non, non, plus d’école. Lorsque j’étais moi à l’école, il y en avait deux. Et oui, c’était le vieillissement de la population dû à l’exode rural

Et alors vous vous n’avez pas lâché, vous vivez ici

Oui, oui, oui. J’ai eu de la chance de pouvoir travailler en Corse et de pouvoir monter toutes les semaines. Au moins le vendredi soir j’étais ici. Et à un moment donné, j’étais seul dans le hameau. Parce que je montais. Après il y a eu M. Graziani et Toussaint. Toussaint était un petit jeune adopté par M. Angeli. C’est ça. Il y avait deux personnes. Et je montais le vendredi soir. L’hiver, la maison froide. 
Lorsque je repartais le dimanche soir elle était à peine tiède !

Et vous montiez tout seul, sans votre famille ?

Quelquefois, quelquefois, oui.

Oui, alors finalement vous avez tenu bon. Peut-être d’autres auraient pu se désespérer devant une telle situation.

Non, Je crois quand même que j’aime le village …

Et pourquoi l’aimez-vous autant ?

Et je pense que c’est la jeunesse qui forme. Si on a vécu les premières années de sa vie dans un village, on fait tout pour y revenir. À tel point que je vois des gens qui sont originaires d’ici, mais qui vivent à Lyon, à Paris ou ailleurs.
Et beaucoup veulent se marier à Nocario, et veulent se faire enterrer à Nocario. C’est ce qui est pour eux le plus significatif. C’est cet attachement.

Alors on dit que c’est dans la culture corse, cet attachement au pays et c’est vrai. 
On voit cela aussi sur le continent, mais en Corse, c’est particulièrement fort cet attachement au pays natal.
Et alors votre plus grande joie dans ces 43 années, vous en avez eu certainement plusieurs, mais des souvenirs marquants ?

Lorsqu’on a refait notre église, par exemple. L’église de Saint-Michel, qui a été toute restaurée en trois périodes. Ça a coûté beaucoup d’argent, mais on a fait des sacrifices, on a l’église, elle est très belle. C’est On a essayé de faire du bien. Je sais qu’on a des problèmes d’eau Pietriccaggio, à Celle surtout. 
Mais on a essayé de faire en sorte que tout le monde ait accès à l’eau et accès au téléphone. On a mis une antenne On a essayé de faire avancer dans le bon sens.

Ah c’est vrai qu’en ce qui concerne les communications, depuis qu’il y a cette antenne et depuis qu’il y a la fibre ici, on a la même communication que dans une grande ville, parfois mieux d’ailleurs, parce que le réseau est moins saturé.

Avant, je me rappelle, j’étais obligé de monter sur la terrasse de ma maison, de me pencher à côté d’un poteau pour avoir une communication. 
Maintenant, ça passe à la cuisine. L’antenne a fait beaucoup de bien, oui.

En tant que maire, bien sûr, vous avez une activité importante, mais en tant que simple citoyen, vous avez aussi beaucoup d’activités. Tout le monde vous voit en train de couper du bois, en train de de débroussailler. Pourquoi faites-vous tout cela ?

C’est encore le souvenir de ce que faisaient mes parents. 
Je fais de la farine parce que mes parents faisaient de la farine. Je plante des haricots parce qu’avec la farine, c’étaient les seuls revenus de la famille. Ils plantaient beaucoup de haricots et ils les vendaient à Bastia et moi je fais 300 kg de farine par an. 
Ce n’est pas beaucoup, ils en faisaient des tonnes, mais c’est le souvenir. Je suis un nostalgique.

Oui, mais la nostalgie est une qualité puisqu’elle permet de ne pas oublier c’est important. Vous avez ici accueilli plusieurs fois des personnalités dans ce petit village.

Je n’ai pas en tête, mais oui.

Il y avait au moins cet acteur de cinéma.

Ah, monsieur Ambrosini.

M. Ambrosini, lui, il est presque natif d’ici. 
Non, mais je pense à Thierry Lhermite.

Oui oui, j’ai fait une promenade à cheval avec Thierry Lhermite. du col de Prato jusqu’à Corte.

Qu’est-ce qui l’avait amené jusque-ici ?

C’est un cavalier émérite et on lui avait prêté un cheval à l’Île Rousse (Monsieur Vescovali, qui avait des chevaux). On était 39 cavaliers à partir du col de Prato. Il avait dit le soir même à Corte, que la promenade qu’il avait faite était une réussite. C’était vraiment une belle promenade. 

Donc vous l’avez un peu côtoyé ici

C’est un type très bien. Je ne l’ai pas vu dans la commune, bien qu’il m’ait demandé ce que nous faisions ici de particulier. Je lui ai dis qu’à Pâques nous faisions une procession. « Ah bon » fait-il. L’année d’après, le jeudi soir il y a la procession de Campana et on était à Saint-Michel, on recevait la procession de Campana et ma fille vient me voir en me disant : « regarde qui il y a là-bas ». Il était venu me voir. Alors je lui dis, « je suis content de te voir et est-ce que tu vas revenir pour la fête du cheval à Corte ? « Eh bien je ne pourrai pas, je suis en train de tourner une c… de film en Bretagne à cette période. » Très sympathique, le monsieur, oui

Et dans vos activités, outre la fabrication de la farine, comme le faisaient vos parents, d’ailleurs, qui si mes souvenirs sont exacts, possédaient même un moulin.

Un moulin qui est aujourd’hui en ruine, mais qui témoigne d’une ancienne activité. 
Je l’ai connu en état de fonctionnement. Il faut dire que j’ai 83 ans donc il a dû cesser de fonctionner il y a 70 ans.

83 ans et dire que vous montez encore jusqu’au sommet du Saint-Pedrone. Il y a peu de gens de 83 ans avec vous.

Oui, je me demande si je ne suis quand même pas un peu décrépit parce que tout le monde me dit « mais quel âge avez-vous ? ». 
Donc ils s’aperçoivent quand même que l’âge est là.

Oui, mais enfin, les performances sont aussi là parce qu’ on vous entend dans la forêt couper du bois, il y a peu de temps encore  accompagné de votre chien. Aujourd’hui. L’animal a disparu, mais vous êtes toujours là et dans votre jardin qui n’est pas un petit jardin. 
 Si j’ai bien compris, c’est pas exactement pour un besoin économique que vous faites cela.

Non, il faut bien s’occuper, je ne peux pas passer une journée devant la télévision donc je m’en vais au jardin, je pioche, je bèche et voilà je passe le temps.

Vous n’êtes pas encore centenaire, mais sur la bonne voie. Et maintenant, c’est votre fils Antoine qui a été élu maire, comme d’ailleurs votre père lui-même l’a été. 
Ça fait un peu dynastie.

Oui, je fais un peu dynastie. Il n’y a pas trop de velléité dans la commune pour prendre la relève. C’est un peu un sacrifice quelquefois.

Votre fils, lui est en activité et vous comme vous êtes encore là, vous le secondez d’une certaine manière.

Oui, surtout je leur montre les captages, les ressources d’eau, cette connaissance des sentiers de la montagne. Parce que nous avons une commune qui monte jusqu’au sommet de San Pedrone.

Oui, avec d’autres communes d’ailleurs.

Avec quatre communes Campana, Nocario, San Lorenzo et Saliceto.

Mais quand même l’endroit d’où le San Pedrone est le plus beau, c’est incontestable, c’est bien ici quand même.

C’est ce que nous pensons nous, mais les gens de Pie d’Orezza d’ailleurs disent : « c’est de chez moi qu’il est le plus beau ». 
Chacun prêche pour sa paroisse. 

Vous restez conseiller municipal. Vous participez encore à la vie de la commune.

Un peu, oui.

Et pourquoi avez-vous décidé de laisser la place à votre fils d’une certaine manière ? 


« Place aux jeunes en quelque sorte », comme disait Brassens. Mais à un moment donné, il faut que les jeunes se forment et si on peut on peut les mettre sur le droit chemin, c’est bien. Je pense que c’était une bonne idée de s’arrêter à un moment donné. Je ne vais pas attendre de mourir pour laisser la place.

Est-ce que la tendance de l’administration est de regrouper les communes 

Cela a été fait avec la communauté de communes, mais comme c’est déjà difficile de gérer une commune … ici par exemple, il y a trois hameaux. Donc il faut que lorsqu’on fait quelque chose dans le hameau de Pietricaggio, les gens de Nocario et d’Erbaggio, disent  « il faudrait que tu penses à moi maintenant. » Donc on est obligé de partager les budgets, tout ça. Alors lorsque dans une communauté de communes comme la nôtre Casinca-Castagniccia, il y a 42 communes, si on veut faire plaisir à tout le monde, ça devient compliqué de gérer 42 communes.  Lorsque nous avons un problème d’égout qui n’est plus de notre compétence maintenant, c’est la communauté de communes qui l’a. Lorsqu’il y a un problème d’égout, le maire de Nocario, il va, il essaye de déboucher des canalisations. 
Si on attend que ce soit la Communauté de communes qui a 42 communes, qui a 42 demandes, ça va demander toujours plus de temps.

Dans votre fonctionnement, il y a une grande part de bénévolat finalement.

Ce sont des choses auxquelles nous devons penser avant de réorganiser. 
Quelquefois dans les captages qui sont en montagne, il y a des problèmes. On monte, on voit, on regarde on coupe, il y a des racines à l’intérieur, on sort les racines, on fait la réparation. Si on demande à la communauté de communes d’intervenir, comme il ne savent d’abord pas où c’est, il faut qu’on leur montre, ils ne vont monter que trois jours plus tard. Donc pendant trois jours on n’a pas d’eau dans la commune. Je pense que plus on éloigne plus ça complique.

Et vous avez aussi des animaux.

Oui oui. Le vieux cheval et un âne

Pourquoi avez-vous voulu conserver ces animaux ? 

Moi je les avais, je m’en servais à un moment donné, on allait en promenade avec le cheval et puis il a vieilli donc maintenant il est à la retraite. Et l’âne, je m’en sers pour les châtaignes, lorsque j’ai du bois à ramener. Il est gentil, il est correct, il est bien.

Quand on imagine l’avenir, on a la crainte que justement toutes ces marques du passé que vous avez su conserver risquent de disparaître.

Cela risque de disparaître parce que parce que les enfants n’ont pas connu ça dans leur jeunesse.

Comme vous le disiez tout à l’heure, quand on est marqué dans sa jeunesse, on ne l’oublie jamais.

C’est ça, on ne l’oublie jamais. Alors je vous disais qu’il y avait deux écoles, il y avait des gens de Nocario qui descendaient à Saint-Michel, et puis d’autres de Nocario qui allaient à l’école là-haut, à Nocario même. J’aime bien sûr tous les gens de la commune, mais en raison de ce que nous avons vécu dans l’école de Saint-Michel, pour ceux qui étaient à l’école avec moi, qui ont souffert avec moi, et bien il y a quelque chose en plus.

Et on le comprend très bien. Par exemple, avec votre ami Robert Stefani. Et si vous deviez laisser une sorte de message, après ces 43 années en tant que maire, que voudriez-vous dire à tous ceux qui sont encore dans la commune, ceux qui la fréquentent de temps en temps, et ceux qui peut-être viendront plus tard ?

Moi je peux dire, je ne sais pas si j’ai bien fait. J’ai essayé de bien faire. 
Et en tout cas je ne me suis pas enrichi.

Vous ne vous êtes pas enrichi sur le plan financier. 
Mais est-ce que vous pensez vous être enrichi sur le plan humain ?

Ah oui, oui, ça certainement.

Le 9 septembre 2026, Celle e Petricaggio.

Le temps de fêter Saint Roch, et une nouvelle averse bienfaisante a rafraîchi Nocario.

C’est à nouveau le Père Bogdan Brzys qui est venu célébrer la Saint Roch en l’église Saint Michel de Nocario. Plusieurs fidèles n’entrent qu’in extremis au début de la messe, par timidité ou retenus par les conversations amicales, mais finalement une cinquantaine de personnes assistent à la célébration, avec recueillement et attention. Quelques volontaires ont préparé la statue du Saint, vénéré dans toute la Corse, afin qu’après la bénédiction des traditionnels pains on puisse tous ensemble faire le tour de l’église paroissiale. La fidélité à cette tradition est intacte, rassemblant croyants et sceptiques dans un rituel qui rappelle le soin à s’apporter les uns envers les autres, au-delà de nos seules communautés comme le rappelait le célébrant en commentant l’Evangile de la cananéenne, et comme l’évoquait une des intentions de prière universelle.

Quelques minutes après la fin de la messe, une nouvelle averse est venue abreuver la terre assoiffée, comme pour conforter nos espérances.

Images : Nanou Battesti

10 août : fidèles à la tradition, nous fêtons Saint Laurent.

C’est le père Brzys Bogdan, Recteur de la mission polonaise en France, qui avait déjà célébré la fête de Saint Roch en 2017, que nous avons retrouvé pour la messe de Saint Laurent. Dans son homélie, il nous a invité à la méditation sur le sens profond de « tomber » et de « mourir » dans l’Évangile du jour. « si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12) où nous sommes invités à réfléchir aux séparations que nous imposent nos vies.
Après le Dio vi Salvi final, accompagné par la guitare de Nicolas Mattei, la courte procession s’est mise en marche, avec des volontaires porteurs de plusieurs générations, et tout le monde a été invité à déguster les « frappe »encore tièdes pour un moment d’amitié villageoise. Merci à la municipalité pour l’organisation de cet agréable goûter.

Un baptême à Nocario

Bien que les baptêmes d’enfants aient considérablement diminué de nos jours, (70 % des naissances en 1970 et seulement 25% en 2025) il pourrait être excessif de signaler un baptême comme un événement exceptionnel dans notre commune. Pourtant, si nos renseignements sont justes, c’est Matthieu Mattei, aujourd’hui un adulte, qui fut le dernier enfant baptisé dans notre village, à la chapelle Saint Jean de Celle e Petricaghju. (Erratum : Maelle Battesti nous a confié que c’est elle la dernière baptisée de la commune, en 2002 à Saint Michel. Qu’elle nous pardonne) Il s’agissait bien ce dimanche 9 août d’un événement susceptible de réjouir les habitants de Nocario, d’autant que le bel enfant de 10 mois, Maxence, accueilli dans la communauté chrétienne est l’arrière petit-fils de Robert Stefani, le petit-fils de sa fille Isabelle et le fils de son petit-fils Georges et de Margot. Le frère de Georges, Esteban, est le parrain et Ophélie, une amie de Margot, la marraine. Le père Piotr, qui célébrait, s’est dit particulièrement heureux de ce baptême, témoignage de la confiance des parents dans ce sacrement qui fait du baptisé un enfant de Dieu. L’église Saint Michel était remplie non seulement de la famille, mais aussi des nombreux nocariais heureux de partager ce moment avec une famille dont l’histoire est indissociable de l’histoire même de notre village. Un généreux goûter était offert à tous à l’issue de la cérémonie, et beaucoup se sont attardés pour profiter de la chaleur adoucie et des émerveillements de Maxence dont les petites jambes commençaient à arpenter la promesse de sa jeune vie. Merci à Robert et à sa famille de nous avoir ainsi réunis.

Une nouvelle croix au sommet du San Pedrone

Le samedi 6 août, dès les premières heures de la matinée, de nombreux habitants des villages alentour du mont San Pedrone, Morosaglia, La Porta, Nocario, entre autres, se sont dirigés vers le plus haut sommet de la Corse schisteuse, à 1767m d’altitude, où le regard découvre l’ensemble des hauts sommets de l’île, et où l’âme ressent un appel vers le ciel.

De nombreux sommets du monde chrétien élèvent, comme Moïse le serpent d’airain, une croix, peut-être pour surmonter les anciennes croyances païennes qui divinisaient les montagnes imposantes, ou pour rapprocher les peuples de ce ciel auquel beaucoup aspirent. « O croix dressée sur le monde » chante le cantique, croix qui appelle toutes les croix des montagnes et d’ailleurs à rappeler pour la chrétienté cette unique espérance.

Sans aller jusqu’à la haute spiritualité, nombreux ceux qui sont attachés culturellement à ce symbole dont on peut espérer qu’il touche les cœurs au delà de simples revendications identitaires. Celle du San Pedrone, érigée en bois de hêtre, avait fini par succomber à la force des vents et l’acharnement des eaux. Il s’agissait de la remplacer. Plusieurs initiatives non concertées se sont heurtées, mais finalement ce sont plusieurs confréries locales, particulièrement celle de Quercitellu e Stoppia Nova, la Cunfraterna Santa Croce, qui ont piloté le projet. Une solide platine avait été installée, et c’est par hélicoptère que la nouvelle croix en châtaignier a été déposée dans son socle, puis arrimée par de solides haubans d’acier.

A consulter le cadastre, on voit que les quatre parcelles qui se joignent au sommet du San Pedrone appartiennent aux communes de Salicetu, San Lorenzu, Campana et Nucariu. Toutefois, une paroisse qui n’y a pas de terre, Piedicroce, s’était vu attribuer autrefois le San Pedrone, mais cela reste aujourd’hui controversé. Notre récent ancien maire, Paul Battesti, était présent lors de la mise en place de la nouvelle croix et lors de son inauguration, un peu plus tard, le 6 août 2026.

Paul Battesti au pied la nouvelle croix du San Pedrone, le jour de son installation

Y étaient également le jour de l’inauguration et de la bénédiction, près de 25 jeunes du village, lors de la messe célébrée le dimanche 6 août.

Une des marcheuses a hélas été prise pendant la montée d’un malaise qui a provoqué une blessure dans sa chute. Heureusement, les secours sont promptement arrivés pour hélitreuiller la victime et la transporter en établissement de soins.

Merci à Maelle Battesti pour avoir été présente lors de la bénédiction de la nouvelle croix et avoir fourni renseignements, images et vidéos.

APÉRITIF ESTIVAL 8 août 2026

Ce temps de canicule a l’avantage d’offrir de longues soirées tièdes où peuvent se prolonger les conversations des retrouvailles. Une mention spéciale à une équipe de jeunes, filles et garçons, parfaitement coordonnées et soucieux du bon service qui se sont affairés tout au long de la soirée pour que chacun puisse en profiter agréablement. Nanou Battesti et Nicolas Mattei ont assuré avec talent pendant plus d’une heure une ambiance musicale de grande qualité, jazz manouche, guitare corse et choros brésilien heureusement mêlés.

Une équipe dévouée et efficace

des musiciens talentueux

Fête de la Saint Christophe 2026

La municipalité de Polveroso a cette année tenté de redonner plus d’éclat à cette fête que beaucoup d’habitants de Nocario ont connue dans leur enfance comme événement estival joyeux et promesse de petits jouets proposés par les stands de kermesse. Quelques stands de produits artisanaux, des tables et des chaises pour déguster crêpes, fiadone et boissons, une assistance assez nombreuse et des véhicules présentés à la traditionnelle bénédiction. Un agréable renouveau de piété populaire et de réjouissance villageoise.

VIA ROMANA 2026


L’averse de la nuit n’avait pas vraiment fait baisser la température que les coureurs ont dû affronter tout au long des parcours. Un avantage, toutefois : l’absence de poussière sur les sentiers. Notre commune comporte deux points de contrôle et de ravitaillement, l’un sur la place di U Petricaghju, l’autre à nantu a riba à Nocario, ce qui permet d’encourager les participants.

Lambert Santelli et Noël Giordano au coude a coude au passage a Nocario sur la 50km.

Souvenirs d’enfance à Nocario par Robert Stefani

Robert Stefani a marqué son attachement au village de Nocario par des actions dont beaucoup peuvent témoigner, et par des productions bien visibles dans les églises de nos hameaux : un mémorable « Rallye des cinq fontaines » le 21 juillet 2007 pour explorer le terrain de jeux de ceux qui ont passé tout ou partie de leur enfance à Nocario, la réalisation d’une vingtaine de vitraux qui ornent aujourd’hui Saint Michel, Sainte Barbe, Saint Martin et Saint Jean Baptiste, et son précieux témoignage pour l’article sur Solane que vous avez pu lire sur ce site.

Dans ses nombreux projets, il y avait celui de rédiger ses souvenirs d’une enfance passée à Nocario, afin de ne pas perdre ces moments de vie partagés avec bien des habitants du village, encore vivants ou trop tôt disparus. Depuis le mois de mai de cette année 2026, c’est chose faite. Outre le témoignage personnel de Robert, la relation de son vécu et celui de sa famille, vous trouverez dans cet ouvrage édité à compte d’auteur l’évocation de bien des personnages remarquables de Nocario, campés avec tendresse et observés avec justesse. Robert ne se contente pas du récit de ses souvenirs, il prend de temps à autre le recul de la réflexion, sur les êtres et les choses, afin de nous offrir, avec la nostalgie, l’ouverture à une méditation sur le temps qui transforme nos communautés et nos lieux de vie.

Plusieurs des photos de l’ouvrage ont déjà été publiées sur le site, mais Robert a utilisé plaisamment les ressources de l’IA pour coloriser les nombreuses images dont il disposait, sans trahir la puissance de leur témoignage. Le prologue de l’ouvrage rappelle avec pertinence la période particulière, la « rupture démographique » durant laquelle se déroule ce passage de l’enfance à l’âge adulte. Il ne concernera pas seulement les habitants des hameaux : bien des Corses qui pourront y reconnaître des transformations plus ou moins heureuses vécues par leurs familles.

Si vous voulez vous procurer cet ouvrage, vous pouvez vous adresser à Robert Stefani, à Solane. Nous serons bientôt en mesure de vous donner davantage de précisions.

A la suite de la publication de son ouvrage, les premiers lecteurs ont adressé des messages de remerciement à Robert. Nous nous permettons de les diffuser ci-dessous.


Ô chi bughjure !
Jusqu’ici j’étais un ignorant de Solane. Et pourtant, pour te reprendre, ce n’étaient pas les questions qui me manquaient. Je peux dire que je dispose enfin d’éléments que nos aînés, par pudeur ou réserve familiale, ne nous avaient évoqués qu’avec la plus grande parcimonie.
Un grand merci pour ce livre, mon oncle, qui me donne l’occasion d’avoir une autre grille de lecture de Solane et peut-être de mieux comprendre d’où je viens et finalement qui je suis.

LES ORSI


Certains souvenirs que tu évoques ne me sont pas inconnus: les 12 travaux d’Hercule de Mémé, la bienveillance timide de Pépé mais aussi la tournée de pain en Prairie, la ruche du magasin, l’abattage des vaches avec Benoît, la chasse à la poule dans le poulailler avec Mémé, les animaux dans l’écurie, André et sa force toujours disponible…
J’ai vécu de loin Solane.
Merci par ton témoignage de m’en rapprocher.

CHRISTIAN STEFANI LE 11 JUILLET 2026


J’ai reçu ton livre avec un immense plaisir et le lire fut un plaisir encore plus grand.
J’y ai appris des choses importantes mais surtout
il a réveillé en moi tant de souvenirs enfouis. J’ai vu défiler mon enfance pendant que je lisais l’histoire de la tienne.
Merci pour tout ça.
À très bientôt

JANINE CINQUINI FORINI LE 4 JUILLET 2026


Mon cher Robert,

Comme tu occupes bien ta retraite et en fais profiter ta famille ! Arbre généalogique Stefani, vitraux de Saint-Michel et maintenant tes souvenirs !!!! Merci mille fois .

Toutes mes félicitations mon cousin, pour cette rétrospective de seulement dix années de ta vie qui se lit , pour moi du moins, comme un retour … à une source qui m’a marquée indélébilement et que je te remercie de me faire partager.

Quelle riche idée d’avoir immortalisé une partie de ton enfance et d’avoir remis l’histoire familiale et locale dans son contexte historique. J’imagine aisément le travail que tu as fourni là, mais aussi la satisfaction que tu as eue en effectuant ces recherches .
En avais-tu conçu l’idée depuis longtemps ?

Non seulement je suis « partie » à Solane hier à midi ( heure du facteur et de l’immense surprise ), mais j’y suis restée encore en ta compagnie, non : en votre compagnie à tous (chers oncles et tantes et cousin.e.s ,ami.e.s). J’ai même passé la nuit avec tous ceux qui en plus d’avoir été et d’être des noms pour moi ,ont occupé une grande partie de mes souvenirs personnels et de mon enfance de vacancière marseillaise tels Cecce, le barbu, Paulette qui piquait mais réclamait le baiser, Mingo qui me faisait peur et Rinetta la cousine d’Erbaggio.

Tu as été à la rude école de Solane puis de l’internat et tu me permets ainsi de revivre pendant ces dix années difficiles mais néanmoins heureuses pour toi, tout un pan de ma vie d’enfant gâtée et insouciante, fille unique retrouvant dans la chaude ambiance de Solane l’affection de tous ceux que j’aimais tant auxquels j’ajouterai Ali, Moro et Bijou…
Merci pour tous les termes corses, les photos d’archives et les recettes qui rendent nostalgiques, merci , merci.

Voilà que ton livre va alimenter les conversations familiales que ce soit à Lyon, à Cologne, à Reeuwijk ou encore ailleurs … Notre famille a essaimé, certes, mais nous sommes tous plus ou moins attachés ineffablement à Solane.
Je chéris tous tes envois concernant les lieux familiaux et je me sens fière – non seulement d’être Corse – mais aussi d’avoir un cousin comme toi (avec lequel j’ai partagé tellement de joies).

Et que dire du pétrin Jouët à Solane dont personne n’aurait soupçonné le périple si tu n’avais pas rencontré Ghislaine !? N’est-ce pas une piste à suivre pour toi au cas où tu te sentirais une âme de détective ? Et ce bandit ? Bandit d’honneur, bien sûr !

Comme tu dis et je te cite : « tant qu’il y a des braises, le feu n’est pas éteint ». A nous de l’entretenir et de faire passer le message.

Je t’embrasse bien affectueusement ainsi que Ghislaine mais surtout n’oublie pas d’embrasser de ma part ton alter ego de Petricaggio .

MARIE CLAIRE GERHARDS STEFANI LE 30 JUIN 2026